lundi 31 janvier 2011

L'éditorial de Laurent Joffrin

Une blague a longtemps couru au Caire. Depuis Nasser, chaque raïs est remplacé par un raïs plus bête que lui. Et pourquoi Moubarak est-il encore en place ? Parce qu’il n’a trouvé personne de plus bête que lui. Apparemment, cette difficulté est aujourd’hui levée : le président égyptien a trouvé deux généraux qui ont accepté de cautionner son régime pour un replâtrage qui ne trompe personne. L’Egypte moderne est née du mouvement des officiers libres qui ont conspiré pour renverser le roi Farouk. L’Egypte de demain naîtra peut-être du mouvement des citoyens libres, qui continuent héroïquement à s’insurger au grand jour pour renverser le brutal crétin qui les tient en asservissement depuis un quart de siècle. Ubu s’est pris pour Ramsès : il a voulu fonder une nouvelle dynastie de pharaons galonnés. Mais cette fois, le peuple s’est mis en travers, galvanisé par l’exemple tunisien. De toute évidence, c’est l’armée qui tient en main le destin de l’Egypte. Les savants solennels de la géopolitique nous ont expliqué que la Tunisie était un cas unique. Ils se sont trompés et «dégage» est devenu un mot arabe, en français dans le texte. Les militaires égyptiens peuvent certes changer l’apparence du régime pour en sauver la nature dictatoriale. Trop d’intérêts, locaux ou étrangers, les taraudent pour qu’ils n’aient pas cette tentation. Mais hier, les combattants de la liberté étaient toujours dans les rues, au nom de valeurs qui sont aussi les nôtres. Ils méritent l’admiration et le soutien de tous les démocrates dans le monde.

dimanche 30 janvier 2011

Condamnation de Radio France après le licenciement de Stéphane Guillon


Le conseil des prud'hommes a condamné Radio France pour le licenciement "sans cause réelle et sérieuse" de l'humoriste Stéphane Guillon.
Il est ainsi confirmé qu’il était légitime de s’interroger sur les origines et les conditions de la précipitation avec laquelle l’humoriste a été congédié.
Au-delà de ce cas précis, la réorganisation de la tranche matinale de France Inter est de nature à conforter toutes celles et tous ceux qui avaient, à juste raison, estimé que la réforme de 2009 avait placé les trois sociétés de l'audiovisuel public dans une situation de double dépendance politique et financière.
Le jugement du conseil des prud'hommes qui intervient aujourd'hui ne peut que contribuer à entretenir un doute regrettable sur les décisions des dirigeants de Radio France.
Plus que jamais, le Parti socialiste rappelle sa volonté d'assurer par la loi l'indépendance des rédactions et son engagement à revenir sur ce pouvoir de nomination que s'est attribué le chef de l'Etat.

vendredi 28 janvier 2011

Soutien au Docteur M'BACHA

Environ 200 personnes réunies hier soir devant la sous-préfecture, venues défendre le cas de Rainatou M’Bacha, la cardiologue camerounaise de l’hôpital de Montluçon menacée d’expulsion. Une pétition lancée la semaine dernière a recueilli 1.200 signatures.

jeudi 27 janvier 2011

2010 : une année noire pour l’emploi

Alors que le Président de la République avait annoncé fièrement que le chômage allait baisser en 2010, la publication des chiffres du nombre de demandeurs d’emploi en décembre 2010 permet de dresser le bilan d’une année qui s’avère tristement catastrophique pour l’emploi en France.

En 2010, le nombre de demandeurs d’emploi inscrit à Pôle emploi a augmenté en un an de +5,3%, soit + 202.500 personnes (catégorie A, B,C). Pour le seul mois de décembre, il est en augmentation de + 32.600. Il y a à peine deux ans, en décembre 2008, la France comptait 795.900 chômeurs en moins. Comment ce gouvernement ose t’il encore soutenir que sa politique a eu un quelconque effet sur la crise ? Comment peut il poursuivre sa politique de suppression d’emploi public dans ce contexte ? Comme peut il encore croire que sa réforme des retraites n’aura pas un effet néfaste sur l’emploi des seniors, alors qu’en un an le chômage des plus de 50 ans a augmenté de 16,6% ?

Austérité budgétaire et salariale, mesures clairement en défaveur de l’emploi (comme la détaxation des heures supplémentaires), l’emploi n’a pas été la priorité de la droite depuis qu’elle est au pouvoir. En revanche, tous ses efforts pour précariser les salariés et détricoter le droit du travail connaissent eux des résultats édifiants, avec l'augmentation des emplois précaires et de l'emploi à temps partiel.

Deux ans après le début de la crise, ce gouvernement n’a toujours aucun résultat. Il serait temps qu’il est enfin une politique en faveur de l’emploi. L’emploi devrait être sa priorité numéro un, et l’occuper matin, midi et soir !

mercredi 26 janvier 2011

Présidence française du G20: où sont passées les grandes ambitions de Sarkozy ?

"Nous allons essayer de mettre d'accord tout le monde sur les indicateurs qui permettront d'analyser les déséquilibres persistants". Cette phrase du Président de la République illustre à elle seule le caractère hésitant et brouillon dans la forme et le recul sur le fond du discours de Nicolas Sarkozy.


Alors que nous étions habitués à des propos grandiloquents sur la refonte du système monétaire et financier mondial, sur la fin des paradis fiscaux ou des produits financiers « toxiques », suivis de décisions faibles voire inexistantes, cette fois-ci, même les déclarations de principe avaient perdu de leur force.


Les ambitions de la Présidence française ont visiblement été largement revues à la baisse. Nicolas Sarkozy s’est contenté de fournir un ordre du jour. Pourtant, nous sommes loin d’être sortis de la crise et le fonctionnement du système monétaire et financier est toujours aussi instable. Il est urgent d’agir.


Depuis plusieurs mois, le Parti socialiste européen et en son sein le Parti socialiste français ne cessent de proposer des mesures progressistes qui permettraient à la fois de refaire passer l’économie réelle avant la finance et de dégager des ressources pour financer des politiques de soutien à l’activité.


S’agissant de la stabilité du système financier international, les socialistes proposent :

- tous les produits dérivés, y compris les produits hors bourse (OTC) doivent être régulés,

- la vente à découvert sans contrepartie doit être interdite,

- une taxe sur toutes les transactions financières de 0,05% doit être introduite.

- pour les banques, la séparation entre les activités de dépôts et d’investissement.


S’agissant de la stabilité monétaire, le Parti socialiste demande également au Président de la République d’œuvrer, dans le cadre de la présidence française du G20, à la mise en place d’une monnaie de réserve mondiale.


S’agissant de la refonte de la gouvernance mondiale, le Parti socialiste propose un renforcement du rôle du FMI dans la mise en œuvre d’une réforme du système monétaire et dans sa régulation, et réitère sa demande concernant la présence de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) au G20, ainsi que la participation de l’Afrique à ces réunions. Enfin, il est urgent de prendre des mesures qui mettront réellement fin aux paradis fiscaux, à la fraude et à l’évasion fiscale, à l’évasion réglementaire et au blanchiment d’argent, en interdisant aux banques et aux établissements financiers de travailler avec les paradis fiscaux.

mardi 25 janvier 2011

Mort annoncée d'un service public de proximité à la PJJ

La PJJ - Protection Judiciaire de la Jeunesse- (administration du Ministère de la Justice), est un service public implanté sur tout le département de l'Allier. Il est constitué de 3 unités éducatives situées sur les 3 principaux bassins de population: Montluçon, Vichy-Cusset et Moulins-Yzeure.

La PJJ assure une intervention éducative auprès des jeunes et de leur famille dans le cadre du mandat d'un magistrat (Juge des Enfants, Procureur de la République, Juge d'Instruction). Ce service public garantit l'indépendance et l'égalité des suivis judiciaires sur tout le territoire.

La PJJ intervient également de façon continue auprès des mineurs incarcérés de la Maison d'Arrêt de Moulins-Yzeure (2 éducateurs à temps plein).

L'existence des trois services permet de couvrir de façon acceptable le département et rend possible la rencontre des jeunes et des familles les plus isolés.

Le nombre de personnel à ce jour est le suivant: 1 directeur, 1 psychologue, 1 assistant social, 3 adjoints administratifs, 13 éducateurs, répartis sur les trois unités.

Outre un accompagnement et un suivi des jeunes et des familles en n'importe quel point du département, la présence de nos services sur les trois bassins de population de l'Allier se traduit concrètement de la façon suivante:

- Permanence Educative Auprès du Tribunal Pour Enfants de Moulins, 7 jours sur 7, avec intervention en urgence.

- Partenariat étroit avec l'Education Nationale: classe relais de Montluçon, atelier relais de Vichy , cellules de veille éducative à Moulins, Vichy, Montluçon, interventions de prévention dans les établissements scolaires de tout le département (Exposition 13/18 ).

- Partenariats étroits avec les mairies, les Missions Locales, la Maison des Adolescents, les associations d'insertions: Régie de quartier, Partage et travail, Foyers de Jeunes Travailleurs, la Croix Rouge, les Resto du Coeur, le Secours Catholique, Emmaüs etc, dans le cadre de ses missions (projets d'insertion, d'hébergement, aménagements de peine, mise en place de Travaux d'Intérêt généraux, réparations pénales etc).

- Intervention auprès des élèves assistantes sociales de la Croix rouge

- Partenariat avec les services sociaux: assistantes sociales de secteur, Services d'Accueil et d'Accompagnement, foyers d'accueil d'urgence..., avec les foyers, Maisons d'Enfants à Caractère Social etc.

- Partenariat avec les services de santé: centre médicaux et psychologiques, services de pédopsychiatrie des hôpitaux.

- Partenariat avec les différents services de la Maison d'Arrêt de Moulins-Yzeure: réunions hebdomadaires avec les services pénitentiaires, le service de soin (UCSA), l'Education Nationale, passage de relais avec le Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation, avec les services de la PJJ des autres départements...

- Partenariat avec le Centre Educatif du Bourbonnais: conventions pour divers projets: passage de l'ASR des jeunes du foyer au service de la PJJ, projet d'activités sportives et socio- culturelles au CEF pour les mineurs détenus ...

Il est annoncé la disparition de deux unités éducatives de la PJJ sur trois dans le département de l'Allier dans un délais extrêmement rapproché.

La fermeture de ces services remet en question tout le maillage institutionnel mis en place au fil du temps. L'accompagnement des jeunes et de leur famille ne pourra qu'en pâtir gravement.

La région Auvergne est aussi touchée de plein fouet. Les suppressions d'unités dans les autres départements sont aussi annoncées.

(source SNPES PJJ / FSU)

lundi 24 janvier 2011

Manifestation de soutien au Docteur M'BACHA

A l'initiative de la CGT et du Comité de Défense de l'Hôpital, un rassemblement est prévu JEUDI 27 JANVIER à 17 H 30 devant la sous-Préfecture pour défendre le Docteur M'BACHA, cardiologue au centre Hospitalier de Montluçon, dont le titre de séjour est arrivé à expiration et donc sous le coup d'une expulsion du territoire.

Les Militants et les Elus socialistes appellent à se mobiliser pour soutenir le Docteur M'BACHA et exiger la régularisation de sa situation administrative, afin d'une part de reconnaitre ses compétences et d'autre part d'empêcher son expulsion qui fragiliserait l'offre de soins en cardiologie sur le bassin montluçonnais.

dimanche 23 janvier 2011

Bilan de la sécurité en 2010 : ce que ne dit pas Brice Hortefeux


Le seul bilan de Brice Hortefeux, c'est l'échec : plus de violences, plus de cambriolages, moins de policiers, moins d'investissement dans la sécurité.


Toujours plus de violence, plus de cambriolages

Tous les indicateurs qui concernent la délinquance du quotidien s’aggravent : hausse des cambriolages contre les particuliers, hausse des vols dans les lieux publics, hausse des atteintes à l’intégrité physique. Depuis 2004, les violences physiques ont bondi de 16 %.


Toujours moins de forces de l'ordre
Les policiers et les gendarmes sont toujours moins nombreux ; depuis 2007, Brice Hortefeux a supprimé 10 792 emplois. 2 882 postes ont été détruits dans le seul budget de 2011 !

Toujours moins d'investissement dans la sécurité des Français
Le budget 2011 consacre une diminution de l’investissement de - 6,5% pour la gendarmerie nationale et de 28,3% pour la police nationale. Alors même que les conditions de travail des fonctionnaires de police et de gendarmerie sont déjà déplorables.

Ni la reprise en main politique des chiffres de la sécurité, ni les chiffres maquillés de l'Observatoire national de la délinquance, organe totalement dépendant du ministère de l'intérieur, ne peuvent plus masquer la très nette détérioration de la sécurité quotidienne des Français.

Incapable d’anticiper les évolutions de la société, Brice Hortefeux vient de demander la rédaction « d’un livre blanc sur la sécurité publique »…alors même que la LOPPSI, loi de programmation 2009-2013 n'est pas encore votée...

Le bilan de 2010, c'est l’échec de la politique initiée par N. Sarkozy dès 2002 alors qu’il était ministre de l’Intérieur. C’est le résultat d'une agitation sans boussole d’une droite toujours prête à désigner des boucs émissaires mais jamais à agir vraiment pour la sécurité des Françaises et des Français.

samedi 22 janvier 2011

Retraites: les masques tombent

Le gouvernement vient de rendre publics les projets de décrets d'application de la loi sur les retraites. Les belles promesses sont parties en fumée et les masques tombent.

Alors que la droite se parait de toutes les vertus et prétendait avoir entendu les inquiétudes des Français en prenant en compte la pénibilité, il n'en est évidemment rien. Seule une infime minorité de salariés, exposés pendant plus de 17 ans à des facteurs de pénibilité, pourra tenter de faire valoir sa demande de partir en retraite à 60 ans dans le cas où son taux d'invalidité en résultant serait inférieur a 20 %. La tâche sera d'ailleurs quasi impossible puisque la charge de la preuve incombera au salarié, face à une commission ne comprenant aucun représentant des salariés.

La droite confond pénibilité et invalidité. Pire, elle avait promis de tenir compte des protestations des Français en ramenant le taux d'invalidité nécessaire pour une prise en compte de la pénibilité de 20 à 10 %. Il n'en est rien.

Fondée sur des contre vérités dès le départ, la réforme de Nicolas Sarkozy se poursuit dans la même veine : mépris à l'égard des salariés précaires, injustice envers le monde du travail, ignorance de la pénibilité, tel est le lourd prix à payer pour une réforme qui, au demeurant, ne règle rien.

vendredi 21 janvier 2011

Prêt à taux zéro : Le dispositif de la dernière chance ?

Le Premier Ministre a présenté le nouveau prêt à taux zéro, sensé doper l’accession à la propriété dans notre pays et « faire de la France un pays de propriétaires » selon la formule du candidat Sarkozy. Pour justifier ce slogan, il a rappelé qu’en matière de taux de ménages propriétaires de leur logement, la France devait rattraper la moyenne des pays européens. Mais il n’a pas précisé que parmi les pays ayant le taux de propriétaires le plus élevé on comptait essentiellement les pays de l’ancienne Europe de l’Est ; il n’a pas cité non plus le cas de l’Espagne qui, avec 83% de propriétaires, cherche à développer de nouveau fortement son parc locatif.


Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Sans doute parce que ces exemples montreraient en partie que l’accès à la propriété ne peut être « vendue » à nos concitoyens comme une solution de sécurisation absolue.

D’une part parce que, du fait de l’allongement de la durée de remboursement des prêts, les charges pèsent de plus en plus sur les accédants à la propriété et les rendent plus vulnérables face aux aléas de leur parcours. Ces charges pèsent d’autant plus lourdement que les revenus des ménages sont modestes ou moyens. La fin du remboursement du prêt ne signifie pas l’absence de charges : de nombreuses personnes âgées rencontrent des difficultés à financer les coûts liés aux frais d’entretien de leur logement ou de leur copropriété.

D’autre part, présenter l’accession à la propriété du logement comme le meilleur moyen de sécuriser la situation des Français revient à ignorer la réalité des faits : depuis 2007, l’accroissement du taux de propriétaires à été proportionnellement plus important parmi les ménages aux revenus les plus élevés. Quant à la jeune génération, avant tout mobile, avec des revenus limités, ce n’est pas un PTZ qui va enclencher la décision d’achat… Au final, vouloir mettre en place un système de protection sociale reposant avant tout sur la propriété du logement serait tout à fait inéquitable et accentuerait encore le phénomène de déclassement social en y superposant la notion de déclassement résidentiel.

Il ne s’agit pas d’opposer propriétaires et locataires, ni d’indiquer quelle serait la voie unique pour se loger. Le Parti Socialiste propose au contraire de redonner de la marge de manœuvre aux ménages, d’accroître leurs possibilités de mobilité au sein du parc immobilier avec des passerelles sécurisées entre logement locatif HLM, locatif privé et accession à la propriété. Il conviendra aussi de réduire les écarts de prix, devenus insensés, entre parc social et parc privé, notamment en instaurant des règles de régulation du foncier et des loyers. Seule une politique conjuguant diversité de choix, fluidité des parcours et action forte de régulation du marché permettra de desserrer l’étau du mal logement dans notre pays.

jeudi 20 janvier 2011

La cardiologue de l'hôpital de Montluçon menacée d'expulsion


Cardiologue depuis deux ans à l'hôpital de Montluçon, la Camerounaise Raïnatou M'Bacha pourrait se voir signifier dans les jours prochains son obligation de quitter le territoire.

Le directeur du centre hospitalier de Montluçon raisonne en terme de compétences et de besoins pour son territoire de santé. Le préfet de l'Allier oppose le droit strict. Au milieu, cardiologue à l'hôpital de Montluçon depuis deux ans, Raïnatou M'Bacha est sous la menace d'une expulsion du territoire depuis jeudi matin 0 heure.

« Au côté du Dr. Sylvain Chansseaume, responsable de l'unité cardio, le rôle de Raïnatou M'Bacha, médecin reconnu par ses pairs et par ses patients, est déterminant pour notre hôpital » plaide son directeur général, Stéphane Massard. Pour marquer son soutien, et son besoin, celui-ci vient de renouveler pour un an le contrat de sa cardiologue.

Insuffisant pour la préfecture de l'Allier. « Nous ne sommes pas dans une question de droit au séjour, mais dans celle du droit à l'exercice d'une profession médicale », objecte Christian Michalak, secrétaire général de la préfecture.

Le titre de séjour étudiant de Raïnatou M'Bacha a expiré mercredi soir. Diplômée d'échocardiographie en septembre à Clermont-Ferrand, elle n'a pas décroché son inscription en rythmologie cardiaque. Son statut de Faisant fonction d'interne (FFI) a été modifié en mai 2009 en contrat de praticien attaché. A ce titre, elle exerçait jusqu'à hier soir la profession de cardiologue, assurant les hospitalisations et les consultations intra et extra-hospitalières comme ses deux autres collègues du service.

Née en 1979 au Cameroun, Raïnatou M'Bacha a obtenu son diplôme de médecine générale en 2005 et sa spécialité cardio à l'université Pavlov de Saint-Petersbourg (Russie) tout en travaillant deux ans au CHU de Clermont-Ferrand dans le service du professeur Bernard Citron.

Arrivée en France après 2004, diplômé d'un pays extra-européen, Raïnatou M'Bacha n'a pas la possibilité de passer l'examen national de cardio. Seul le concours annuel de la spécialité, avec ses 5 places, lui est ouvert. Avec une note de 13,88 en 2009 et 13 en 2010 elle ne figurait pas dans le palmarès.

Aujourd'hui le directeur de l'hôpital de Montluçon se bat pour lui offrir une troisième chance, en octobre 2011, ainsi que le permet le réglement du concours.

Président du conseil de surveillance de l'hôpital, Daniel Dugléry (UMP) est intervenu auprès du préfet et du cabinet de Brice Hortefeux. « Nous sommes confrontés à l'application brutale des normes, contre lesquels je m'escrime. Ces deux dernières années, tout le monde se réjouissait de son apport au service. Et aujourd'hui on veut se séparer d'elle. Alors que nous travaillons à la création d'un plateau de coronarographie, enjeu vital pour notre bassin ».

« Le seul argument est que Mme M'Bacha n'a plus le droit d'exercer une profession médicale, argumente Christian Michalak. Le préfet serait en contradiction avec la légalité s'il prolongeait son titre de séjour pour lui permettre implicitement d'exercer ».

Le député Bernard Lesterlin (PS) et la sénatrice Mireille Schurch (app. PCF) ont tenté d'infléchir eux aussi la position du préfet. Hier soir le député a saisi les ministres Brice Hortefeux et Nora Berra. Une réaction devrait s'enclencher à Montluçon pour empêcher une éventuelle reconduite à la frontière.

Jean-Marc Laurent

mercredi 19 janvier 2011

INVITATION

Les sections du Parti Socialiste de Commentry, Désertines, Domérat, Huriel, Montluçon et Prémilhat auront le plaisir de vous recevoir autour d'un apéritifbuffet

lundi 31 janvier 2011 à 19 h

à la Ferme des Ilets

Espace Boris Vian, rue des Faucheroux

à MONTLUCON

afin de vous présenter les voeux des socialistes pour l'année 2011.

Cette réception sera également pour vous l'occasion de rencontrer les candidats socialistes aux scrutins des cantonales des 20 et 27 mars 2011 :

Marc MALBET, candidat dans le canton de DomératMontluçon Nordouest

Patrick MAIRE, candidat dans le canton de Marcillat en Combraille

Bernard POZZOLI, candidat dans le canton de Montluçon Ouest – Prémilhat – Quinssaines Lamaids

mardi 18 janvier 2011

L'éditorial de Laurent Joffrin



L’appel de la liberté

Par Laurent Joffrin

Ils ont bonne mine, les gourous du différentialisme, les grands prêtres du choc des civilisations, les savants prophètes de l’identité soi-disant irréductible. Pour eux, aucun doute : dans le monde arabe, la démocratie n’avait aucune chance, les musulmans ne voulaient pas de la liberté, l’islam était imperméable aux valeurs universelles, qui ne sont qu’un luxe réservé aux Occidentaux. Souvenons-nous de Jacques Chirac réécrivant la déclaration de 1789 : «Le premier des droits de l’homme, c’est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat. De ce point de vue, il faut bien reconnaître que la Tunisie est très en avance.» Sous-entendu : ceux qui réclament des libertés publiques en terre d’islam sont des importuns, des rêveurs ou, pire, des colonialistes déguisés. Et voilà qu’à l’ébahissement des chancelleries occidentales, prenant à contre-pied tous les résignés de la realpolitik, un pays musulman descend dans la rue et chasse un dictateur corrompu et brutal qu’on disait indéracinable. Mieux, dans tout le monde arabe, les cousins de Ben Ali, les Bouteflika, les Moubarak ou les Khadafi, cette Sainte Alliance du nationalisme décati et de la torture dans les caves, commencent à trembler devant leurs peuples et à vérifier dans la fièvre que leurs policiers les soutiennent toujours.

Bien sûr, faute d’avoir prévu le passé, les réalistes se rattrapent en jouant les Cassandre. L’illusion lyrique ne durera pas, pensent-ils, l’anarchie risque de déboucher sur une autre dictature et si, d’aventure, la démocratie s’installe, elle pourrait profiter d’abord aux islamistes qui ont capté l’esprit des couches populaires. L’hypothèse, d’ailleurs, n’est pas invraisemblable :

le vieux leader intégriste tunisien Rached Ghannouchi, retiré à Londres, peut revenir en gloire et lancer avec succès sa formation jusque-là réprimée, Hizb Ennahda (le parti de la renaissance), dans une élection libre.

Mais nous n’en sommes pas là.

Aujourd’hui, le peuple tunisien a démontré que l’appel de la liberté rencontre un écho universel et, que l’on soit Chinois, Iranien ou Arabe, on préfère à toutes les dictatures - celle d’Allah ou celle du Parti - un régime où les droits sont reconnus et où les dirigeants sont soumis au verdict du peuple. Un régime où, comme disait Winston Churchill, «quand on sonne chez vous à 6 heures du matin, vous êtes sûr que c’est le laitier».

Les diplomaties occidentales qui soutiennent sans discontinuer les régimes en place, abandonnant leurs principes pour se trouver du côté du manche, pourraient commencer à le comprendre.Ils ont bonne mine, les gourous du différentialisme, les grands prêtres du choc des civilisations, les savants prophètes de l’identité soi-disant irréductible. Pour eux, aucun doute : dans le monde arabe, la démocratie n’avait aucune chance, les musulmans ne voulaient pas de la liberté, l’islam était imperméable aux valeurs universelles, qui ne sont qu’un luxe réservé aux Occidentaux. Souvenons-nous de Jacques Chirac réécrivant la déclaration de 1789 : «Le premier des droits de l’homme, c’est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat. De ce point de vue, il faut bien reconnaître que la Tunisie est très en avance.» Sous-entendu : ceux qui réclament des libertés publiques en terre d’islam sont des importuns, des rêveurs ou, pire, des colonialistes déguisés. Et voilà qu’à l’ébahissement des chancelleries occidentales, prenant à contre-pied tous les résignés de la realpolitik, un pays musulman descend dans la rue et chasse un dictateur corrompu et brutal qu’on disait indéracinable. Mieux, dans tout le monde arabe, les cousins de Ben Ali, les Bouteflika, les Moubarak ou les Khadafi, cette Sainte Alliance du nationalisme décati et de la torture dans les caves, commencent à trembler devant leurs peuples et à vérifier dans la fièvre que leurs policiers les soutiennent toujours.

Bien sûr, faute d’avoir prévu le passé, les réalistes se rattrapent en jouant les Cassandre. L’illusion lyrique ne durera pas, pensent-ils, l’anarchie risque de déboucher sur une autre dictature et si, d’aventure, la démocratie s’installe, elle pourrait profiter d’abord aux islamistes qui ont capté l’esprit des couches populaires. L’hypothèse, d’ailleurs, n’est pas invraisemblable :

le vieux leader intégriste tunisien Rached Ghannouchi, retiré à Londres, peut revenir en gloire et lancer avec succès sa formation jusque-là réprimée, Hizb Ennahda (le parti de la renaissance), dans une élection libre.

Mais nous n’en sommes pas là.

Aujourd’hui, le peuple tunisien a démontré que l’appel de la liberté rencontre un écho universel et, que l’on soit Chinois, Iranien ou Arabe, on préfère à toutes les dictatures - celle d’Allah ou celle du Parti - un régime où les droits sont reconnus et où les dirigeants sont soumis au verdict du peuple. Un régime où, comme disait Winston Churchill, «quand on sonne chez vous à 6 heures du matin, vous êtes sûr que c’est le laitier».

Les diplomaties occidentales qui soutiennent sans discontinuer les régimes en place, abandonnant leurs principes pour se trouver du côté du manche, pourraient commencer à le comprendre.

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